La bien vaine polémique suscitée par les "excuses" de Ségolène Royal formulées, "au nom de la France", auprès du président du gouvernement espagnol, M. Zapatero, suite à quelque vantardise de Sarkozy n’est qu’une nouvelle illustration de la "présidentialisation" outrancière de notre vie politique.
En effet, si la 5e République a organisé le fonctionnement de nos institutions démocratiques autour des prérogatives et de la personne du chef de l’Etat, la 5e République "bis" que nous connaissons depuis mai 2007 n’a fait qu’accentuer cette tendance, sous l’effet de la pratique "égocentrique" du pouvoir de l’actuel hôte de l’Elysée et de la consécration juridique de cette pratique par la révision de l’été 2008.
Dans ce système "monocratique", les anciens concurrents de Sarkozy lors de l’élection du printemps 2007 souhaitant à tout prix rester dans la course pour 2012 n’ont plus qu’à chercher à "exister" médiatiquement en multipliant les "coups", à l’instar des excuses de Ségolène Royal ou de la posture de "principal opposant" de François Bayrou.
Triste spectacle que celui que donnent ainsi nos principaux ténors politiques, dont nous ne sortirons que par une modification profonde de la logique de nos institutions.
François Colcombet