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Compte rendu des débats de la 4e université d’été de la C6R - Jarnac le 28 août 2007




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Une centaine d’adhérents et de sympathisants de la Convention pour la 6e République, dont de nombreux responsables locaux, ont participé aux travaux de l’université d’été de l’Association, accueillie le 28 août pour la 4e année consécutive à la salle des fêtes de Jarnac.

Animées par François Colcombet, président de la C6R, les discussions ont été ouvertes par Jérôme Royer, maire de Jarnac.

En introduction à la journée, Arnaud Montebourg, président fondateur de la C6R, a rappelé que la campagne présidentielle de l’hiver et du printemps derniers avait vu tous les candidats issus des partis de gouvernement, à l’exception de Nicolas Sarkozy, proposer l’instauration d’une 6e République, d’orientation parlementaire dans le projet des candidats socialiste, communiste ou des Verts, d’inspiration présidentielle dans le programme de François Bayrou. En tout état de cause, la question de la « démocratisation » des institutions politiques du pays a été au cœur des débats de la campagne, notamment au travers de la problématique de la démocratie participative mise en avant par Ségolène Royal. Cherchant à être en permanence en phase avec l’opinion, le président de la République veut aujourd’hui répondre au besoin de démocratie exprimé par les Français en se posant en « modernisateur » du système politique français avec la mise en place du comité de réflexion et de proposition sur la modernisation des institutions de la 5e République, présidé par Edouard Balladur, suite au discours tenu à Epinal le 11 juillet dernier. Nicolas Sarkozy souhaite en fait que les membres de la « commission Balladur » proposent des mesures permettant de constitutionnaliser la concentration actuelle des pouvoirs en prenant acte du pouvoir très large que détient le chef de l’Etat sur l’ensemble des institutions et de l’administration.

Arnaud Montebourg a ensuite souligné que, souhaitant parvenir d’ici janvier 2008 à « une profonde modernisation du fonctionnement de notre démocratie », le président de la République impose un calendrier très court pour mener à bien « sa » réforme de la Constitution de 1958. Dans ce contexte, le Parti socialiste a une responsabilité importante dans le processus à venir de révision constitutionnelle puisque ses parlementaires peuvent retarder, voire bloquer, la mise en œuvre de la procédure prévue par l’article 89. De par la légitimité acquise dans le débat public depuis sa fondation en 2001, la C6R doit réussir à placer ses idées et propositions de réforme des institutions au cœur des discussions à venir.

François Colcombet a tout à fait abondé dans ce sens et observé que les travaux de l’après-midi, autour de Paul Alliès, professeur de science politique à l’université de Montpellier et vice-président de l’Association, et de Dominique Rousseau, brillant constitutionnaliste, devraient aider la C6R à s’inscrire dans le débat ouvert par le président de la République.

Puis, sous forme d’assemblée générale, la séance de la matinée a permis de dresser le bilan de l’activité de l’Association au cours de l’année 2006 et du premier semestre 2007 et d’ouvrir la discussion sur les perspectives d’action à venir.

Après avoir entendu Julien Collette présenter le rapport financier de l’Association pour l’exercice 2006 établi par la trésorière Camille Brinet (excusée), François Colcombet note que le bureau et le conseil d’administration se sont régulièrement réunis, de manière ouverte et conviviale, au cours des derniers mois

Marie-Sophie Peyre, de la C6R Paris, est revenue pour sa part sur les actions spécifiques mises en place par les conventionnels parisiens, franciliens et la C6R Etudiants au cours de la campagne présidentielle : montée en puissance du « blog », outil essentiel pour la diffusion des idées de la C6R et l’animation de la vie de l’Association, conception et distribution d’autocollants « La 6e République maintenant ! ». Elle a estimé que le contexte politique actuel pose la question de l’évolution de l’Association : l’élargissement de son objet aux libertés, le développement d’actions communes à toutes les associations locales, le changement éventuel de sa dénomination.

JS(C6R Etudiants) a de son côté dressé le bilan de la publication d’une annonce de mise en vente du Palais de l’Elysée, le 1e avril 2007, sur le site Internet de vente aux enchères « eBay ». Il a souligné que le site lié à l’annonce avait reçu 5 000 visites le 2 avril au soir, faisant la « une » du journal de 12h30 de RTL le 1e avril. Cette opération a prouvé la capacité de l’Association, avec très peu de moyens, a attiré l’attention sur son activité et doit inciter à améliorer profondément le site www.c6r.org pour en faire un outil d’échanges entre adhérents et sympathisants, partout en France.

Nicolas Delaunay, de la C6R Ile-de-France, a jugé très positif le travail mené durant la campagne présidentielle mais a souhaité que la C6R en tire les conséquences en adoptant un fonctionnement souple et réactif permettant de valoriser la marque, à conserver, et de se poser en promoteur d’un régime réellement démocratique pour la France, qu’il soit parlementaire ou présidentiel. Plusieurs autres intervenants, dont Thibault Tellier (C6R Nord) et Marc Damon (C6R Loire), ont aussi insisté pour que la C6R s’empare de l’ensemble de la question démocratique, notamment sous son aspect local, dans la perspective des élections municipales et cantonales du printemps 2008, et sur le plan social.

Suite à ces interventions, Paul Alliès a mis en valeur le fait que la C6R promeut, depuis sa création, l’instauration en France du « standard » européen en matière de régime politique en Europe, à savoir le système parlementaire et primo ministériel. Il a jugé que l’Association n’avait pas assez tenu compte jusqu’alors de la problématique de la démocratie participative et que la C6R doit continuer à approfondir son projet en conservant et valorisant sa marque.

Michel Adam (C6R Charentes-Poitou) a observé que la C6R manque, dans l’opinion, du relais d’un slogan efficace alors que Jean-Pierre Estella (C6R Bouches-du-Rhône) s’est intéressé dans son intervention au processus de la prise de décision politique, qui implique de s’interroger sur la place réelle qu’y occupe les élus et sur la légitimité des procédures de concertation.

Guillaume Tournat (C6R Charentes-Poitou) a souhaité que l’Association devienne une vigie des pratiques démocratiques, notamment des plus novatrices, comme le vote électronique.

François Colcombet a ensuite demandé aux responsables d’associations locales de présenter un bilan de leurs actions : Paul Alliès et Michel Calvo (C6R Languedoc-Roussillon), après avoir souhaité que la direction nationale de l’Association communique mieux avec les responsables locaux, ont insisté sur la dimension importante d’éducation populaire que présentait l’action de la C6R au travers de l’organisation de cafés citoyens, rejoints en ce sens par Albert-Jean Morazzani, de la C6R Bouches-du-Rhône, qui a aussi souligné que la clé du succès de ce type de rendez-vous était leur régularité, une publicité suffisante ainsi que la diversité des sujets présentés et le pluralisme des intervenants invités. Albert-Jean Morazzani a aussi observé que la C6R-13 avait rencontré les dirigeants locaux du PS et du PCF et sollicité les candidats à la candidature du PS ainsi que les candidats à l’élection présidentielle. Il a insisté pour que la C6R réaffirme son indépendance des partis et écuries diverses.

Après que Guillaume Tournat a présenté les réunions publiques tenues en Charentes-Poitou au cours de l’année 2006, notamment une en partenariat avec Anticor, Véronique Fouillouse (C6R Saône-et-Loire) a mis en valeur l’action des trois comités locaux de son département (12 réunions publiques en 2006).

Une discussion a ensuite été engagée sur les perspectives d’actions de l’Association, Jérôme Royer ayant promu l’idée de voir la C6R installer un observatoire des pratiques démocratiques dans chaque région où elle est présente, plusieurs intervenants revenant sur l’importance de condamner le cumul des mandats et des fonctions.

Après que John Palacin a souligné le risque pour la C6R de s’installer dans une posture uniquement dénonciatrice des élus alors qu’il est au contraire essentiel de valoriser les bonnes pratiques (comme les 6% de députés ne cumulant pas) et d’apporter des solutions visant à faire vivre une démocratie apaisée, Paul Alliès et Arnaud Montebourg ont conclu les discussions de la matinée sur l’importance pour la C6R d’investir le débat qui va s’ouvrir en parallèle des travaux de la « commission Balladur ».